Actualités


vendredi 19 août 2016

Wikipedia : Le Collectif Les Morts de la Rue présent dans l’encyclopédie interractive

Le Collectif Les Morts de la Rue prend place dans la grande encyclopédie libre et interactive. Cité dans d’autres articles, il semblait bon de préciser son identité. Source de connaissances et d’informations humaines et scientifiques, il semblait bon qu’il prenne place dans cette somme de connaissances. Vous pouvez le lire et le consulter à l’adresse ci-dessous.
mercredi 8 juillet 2015

Morts de chaud ???

Morts de chaud ? 31°, 32°, 35°… Le thermomètre monte et, à mesure, les radios, télévisions et journaux s’inquiètent : ils se précipitent dans les maisons de retraite, guettent le souffle vacillant des personnes âgées et s’enquièrent aussi d’un éventuel regain de mortalité dans nos rues. Nos politiques prennent l’air grave et s’assurent de leur garde-robe pour être certains qu’ils ne risqueront pas, cette fois, en cas de mauvaises nouvelles, d’être pris au dépourvu avec une mine de vacanciers. Et nos concitoyens, partagés entre réelle compassion et un peu de voyeurisme, aimeraient bien qu’on leur montre les effets de cette nouvelle canicule. Alors, pour les personnes à la rue, que réserve cette hausse du thermomètre ? Et l’on nous somme d’anticiper ceux qui vont périr de ce pic de chaleur. Mais avant de s’occuper de ce moment précis et de cette chaleur plus élevée que d’habitude, il convient de rappeler deux points essentiels de la vie (et de la mort !) à la rue. Tout d’abord, sauf cas particulier, le nombre de morts à la rue est assez stable d’un mois à l’autre tout au long de l’année. Deuxième point : l’âge moyen de mort à la rue varie, là aussi, d’une année à l’autre, mais il reste toujours un peu au-dessous de 50 ans, en gros entre 45 et 49 ans. C’est très jeune. Le vrai sujet, le vrai scandale, il est là ! Il faut le dire, le redire et le répéter sans cesse : avant les conditions climatiques, qu’il fasse chaud ou froid, c’est la dureté de la vie à la rue qui tue ! Elle commence par affaiblir l’organisme, le rendre très vulnérable. En général, cela ne se voit guère car on ne peut qu’être confondu par la résistance des personnes à la rue qui endurent, sans trop de dommages apparents, des conditions de vie que nous ne supporterions pas. Ils serrent les dents et tiennent le coup. Et puis soudain, tout lâche. En soi, la chaleur de ces derniers jours est dure à supporter mais elle est, précisément, supportable pour une personne en bonne santé. Surtout si cette personne peut, après une rude exposition, par exemple, dans les transports en commun surchauffés et surchargés, se reposer chez elle, prendre une douche, un verre bien frais… Pour celui qui ne bénéficie pas de ces moyens de reprendre son souffle, de se poser, pour celui qui va rester dehors sans profiter de la moindre fraicheur, il n’y aura aucun répit avant d’attaquer la prochaine journée, tout aussi bouillante que la précédente. Certains, si leur allure est discrète et passe-partout, pourront errer dans tel magasin climatisé y chercher un peu d’air frais ; ils n’y resteront pas aussi longtemps qu’ils le voudraient sans attirer le regard des vigiles ; ceux dont l’apparence sera plus typée ne parviendront même pas à entrer et « glaner » ces quelques instants… Quelques-uns vont nous surprendre, voire nous choquer, portant, avec cette canicule, des blousons ou des chandails ; parfois même ils ont plusieurs couches : c’est qu’ils anticipent déjà la rudesse de l’hiver à venir ; ils ont réussi à trouver des vêtements chauds qui leur conviennent ; ils craignent de les perdre ; ils n’ont où les entreposer et leur seule solution est de les conserver sur eux… Dormir dehors avec un bon sac de couchage avec une température négative est également inconfortable mais tout à fait réalisable sans dommage (les scouts aînés le démontrent souvent lors de camps d’hiver) si, après la nuit, on peut, là encore, profiter de tous les avantages d’un réel abri (chauffage, repas normal…). En fait, c’est d’une part d’être fragile avant d’être confronté à des situations un peu extrêmes de froid ou de chaud, qui rend vulnérable. C’est aussi de ne pas bénéficier de la mise à couvert que permet un logement. Alors, oui, bien sûr, il serait bon que, l’été, il n’y ait pas de pic de chaleur, et que l’hiver il n’y ait pas de pic de froid. Mais, sauf erreur, à cela on ne peut pas grand-chose ! En revanche, on peut mieux suivre les personnes à la rue. Et déjà commencer par faire qu’elles ne soient plus ni à la rue, ni isolées. Leur mortalité en sera repoussée d’autant ! Si on ne voit pas là les priorités de l’action publique et sociales à leur égard (même si ce n’est pas forcément simple !), on continuera un peu vainement de s’interroger sur les risques de morts à la rue… Nicolas Clément Président du Collectif Les Morts de la Rue Publié en juillet 2015, cet article reste actuel en aout 2016
mardi 30 décembre 2014

Mais pourquoi donc parle-t-on davantage des morts de froid ?

Sylvain, Lionel… premiers morts de froid 2014. Vous faites la une… après plus de 425 morts de la rue en 2014. Un "SDF" mort à Douai, un autre à Paris … d’après les médias c’est une hécatombe ! Il y a 3 jours d’autres mourraient sans que l’on en parle ! Depuis le début de l’année 2014, Le Collectif Les Morts de la Rue a recueilli des informations concernant des personnes décédées. Nous ne pouvons encore affirmer de chiffres précis, mais le nombre de décès appris en 2014 dépasse actuellement 425 et nous continuons à en apprendre au jour le jour. (la réalité est probablement de 7 fois plus) Parmi ces personnes, nous déplorons 3 morts de froid, 15 suicides, la première cause de décès est bien la violence. Souvent accidentelle, parfois au cours d’agressions… 3 morts de froid sur 425 ! Jour après jour, toute l’année, nous apprenons des décès. Ces trois personnes décédées récemment avaient des prénoms, des amis, comme les 425 autres. L’un d’entre eux était en fauteuil roulant à la rue et recherchait en vain un lieu d’hébergement. Nous partageons la peine de leurs proches, le scandale de leur mort. Mais pourquoi ce branlebas général des médias autour de ces décès par le froid et non toute l’année ? • La mort de froid d’une personne « SDF » faisant l’évènement, attendu et guetté par les médias. Il arrive tard cette année. Il a failli ne pas exister en 2014… On ne pose pas la question des autres centaines de personnes mortes cette année à 49 ans en moyenne. Ni du fait que c’est vivre à la rue qui est un scandale qui n’a rien de saisonnier, ni par le chaud ni par le froid. Et vivre à la rue tue toute l’année. • On entendra également : il y avait des places, il ne voulait pas y aller. Et du coup, sous-entendu : notre société fait tout ce qu’il faut, ce sont ces pauvres gens qui meurent par leur faute. On ne pose pas la question du manque criant de places qui a été dénoncé à plusieurs reprises cette année : le 115 a du mal à répondre au téléphone, et encore plus de mal à répondre à la demande d’hébergement. Il n’est pas relevé que les personnes en situation de rue sont découragées de ces demandes au quotidien sans réponses, … • Et après les fausses bonnes propositions : faut-il emmener de force ces pauvres gens vers des centres d’hébergement, pour les sauver d’eux-mêmes ? durant ces périodes de grand froid… et les remettre dehors dès que la température remonte de quelques degrés. … Ce n’est pas le climat qui tue. Ni l’été, ni l’hiver, ni le chaud, ni le froid. C’est vivre à la rue qui tue. Le nombre de personnes à la rue augmente. Les enquêtes démontrent le manque d’hébergement et de logement. Quand à la motivation des personnes, le rapport de la Fondation Abbé Pierre montre que même en travaillant des personnes se retrouvent à la rue. Si le froid vous intéresse ainsi, réveille votre sensibilité, vous apitoie, alors sachez que votre soutien est nécessaire toute l’année et non quand la température est négative. Et que le fait qu’il gèle fin décembre n’est en rien un évènement. C’est bien naturel sous nos climats. Le collectif continuera de dénoncer la mort prématurée des personnes à la rue et demande à nos responsables d’assumer leurs responsabilités dans ce drame.

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