N’y aura-t-il d’autres hebergements que les cimetières ?

jeudi 18 octobre 2012

N y aura t il donc que les cimetières pour accueillir les personnes condamnées à la rue ?

  • Juin 2012 : notre ministre s’engageait a grand renfort de communication pour que personnes (plus de 2500) ne soient mises à la rue à la suite de l’hiver 2011-2012. Malheureusement elle ne pourra le faire pour quelques centaines. En mai, reprenant les promesses de campagne de François Hollande, notre ministre annonçait également la fin de la gestion saisonnière de l’hébergement d’urgence.
  • Octobre 2012 : Un frisson d’agitation saisit quelques préfectures et quelques institutions (réunions RATP APHP etc.) pour trouver en catastrophe des locaux pour l’hiver.
  • On apprend déjà (mais sans surprise) que partout en France, les services du 115 sont saturés ; en moyenne, 75% des appels traités ne débouchent pas sur un hébergement, faute de place. A Paris, les demandes des familles sont hausse de 24 % par rapport à 2011.
  • A l’hôpital de l’Hôtel-Dieu de Paris, l’institution AP-HP interdit, par circulaire, l’accès aux salles de soins d’urgence aux personnes à la rue. La note, signée de la Direction de la Qualité, de la Gestion des Risques et des Droits du Patient, précise que « s’il y a des enfants, mise à l’abri dans le hall pour une nuit, sans aucune autre modalité d’accueil ». On ne sait jamais si d’aventure, dans un élan naturellement solidaire, l’idée d’offrir un café aux parents où une couverture pour les gosses traversait l’esprit du staff. On voudrait presque rappeler à l’envi les belles lettres qui sacraient la devise de l’Hôtel-Dieu : « Medicus et Hospes » « Médecins et Hôtes »

Alors voilà ! Quand dans ses non-réponses, le(s) gouvernement(s) qui pourtant se proclame(nt) si soucieux de l’avenir des plus précaires, le seul lieu qui vraiment vous attend, c’est bien le cimetière !

Sans domicile, sans toit, sans maison, ces politiques vous condamnent à la rue. Remarquez bien, pas pour longtemps. A la rue, votre espérance de vie ne dépassera pas 50 ans. Par le fait du mépris, (tout au mieux d’une feinte déférence) que l’on vous exprime vous mourrez de froid, de chaud, d accident, d agressions, d’absence de soin d’un suicide. Et vous règlerez de vous même cette insoutenable impossibilité jouir de la vie par privation de tous vos droits citoyens, sociaux et humains, jusqu’à l’inaliénable « droit à la vie »

Vous rejoindrez ainsi la longue cohorte des personnes qui ont vécu à la rue et sont mortes à (de) la rue. Vous serez enterrés presque dignement. Mais ne rêvons pas, ici aussi l’accueil durable a ses limites : durant les cinq premières années de votre repos éternel vous reposerez dans un cimetière.

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