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(11 janvier 2010) Sauver des viesLe collectif les Morts de la Rue lance une mobilisation pour sauver la vie de personnes sans abri.Article 4
de la loi DALO (abrogé
par LOI nœ2009-323 du 25 mars 2009 - art. 73) :
Toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation. Nous demandons à l'Etat d'appliquer l'article 4 de la loi DALO et d'assurer, dès maintenant, le principe de continuité prescrit dans le projet de refondation. Le Collectif les Morts de la Rue propose à toutes personnes accueillies actuellement dans une structure d'hébergement d'urgence (gymnases, salles de mairie, accueils temporaires, hôtels....) d'exprimer leur demande pour obtenir un hébergement adapté et demeurer où elles sont en attendant d'obtenir une orientation leur garantissant une place pérenne dans l’un des dispositifs existants. A Paris, le dispositif hivernal, en place depuis le mois de novembre avec un renforcement ces derniers jours, accueille actuellement plus de 1077 personnes. C’est la démonstration du manque de places réelles à Paris notamment, comme dans d’autres villes de France qui ont mis à disposition des places supplémentaires. Ces dispositifs seront fermés aux premiers signes de radoucissement des températures. Dès lundi soir, des équipes vont solliciter les personnes accueillies dans les structures d'hébergement d'urgence temporaire pour connaitre leurs intentions. Elles auront la possibilité de remplir un formulaire qui sera remis aux Préfectures. Le collectif rappelle que la vie à la rue tue. En 2009, plus de 370 personnes sont décédées dans la rue ou des conséquences de la vie dans la rue, en 2010, déjà 15 personnes (au 21/1/2010). Hommage aux Morts de la Rue (18 novembre 2009) "Ils sont bien des nôtres, ils nous ressemblent, ils font partie de nous. Et c’est pourquoi la rencontre de ces témoins incontournables de la difficulté de vivre révèle la réalité occultée de notre société, et devrait être le moyen d’une prise de conscience. Avant de s’interroger sur l’identité nationale, la France ne pourrait-elle pas s’interroger sur la solidarité nationale ? Quel visage a-t-on avec un cœur endurci ?" ![]() Télécharger (en PDF) le texte intégral
lu au cours de la célébration d’hommage aux Morts de la rue le 18
novembre 2009
Appel à dons version PDF Le communiqué du Collectif Les Morts de la Rue (12 novembre 2009) Télécharger le communiqué en PDF Lettre au Président de la République, 13 mai 2009 Monsieur le Président de la République, Nous vous adressons ce soir cette lettre depuis un haut lieu des valeurs républicaines de notre pays. Ce lieu nous oblige à un examen de conscience. Sur les marches du Panthéon, ce temple des Grands Hommes, symbole de la nation solidaire, nous venons rendre leur nom et leur histoire à des centaines de nos concitoyens, ces hommes et ces femmes que la vie à la rue a condamnés à une mort prématurée. Ce n’est pas la Grande Histoire, c’est sa face cachée, celle des accidentés de la vie sociale, des vulnérables, des oubliés, des sans droits. Mais que valent les discours et les hommages d’une nation à des hommes tels que Victor Schœlcher, René Cassin, Jean Monet, Jean Moulin et tant d’autres grands héros de la France si cette même nation ne reconnaît pas que chaque homme est grand. Comment pouvons-nous porter et clamer partout dans le monde les droits de l’homme lorsque sur le sol français des hommes et des femmes continuent de mourir dans la rue, dans l’indifférence générale, celle de nos gouvernants absents ce soir, celle des nos élus politiques qui n’écoutent pas les plus fragiles d’entre nous. En réalité, la France a mal à ses 100.000 sans–abri. Et C’est une maladie des Droits de l’Homme. La France a mal a ses exclus parce que son système d’aide s’avère incapable de permettre à ces personnes de sortir de la rue. D’où vient le mal ? Sans doute d’abord du regard que portent les Français sur ceux qu’ils appellent « SDF », c’est le mythe, plus ou moins fantasmatique du « clochard irrécupérable », qui ne représente en fait qu’une infime partie de la population si diverse de la rue où chacun a son histoire. Or c’est pour cet éternel assisté, qu’on a construit, au cœur du dispositif d’aide, l’hébergement de masse dans l’urgence. On a simplement oublié la seule question qui vaille, celle de l’homme : comment reconnaître à une personne de la rue sa dignité d’homme? Quels sont les bons outils de la reconstruction personnelle? Non pas seulement comment l’abriter mais comment l’accompagner ? A qui fera-t-on croire qu’un individu peut se reconstruire en se faisant embarquer tous les soirs par un bus pour l’asile de nuit? On entend dire, ou l’on pense tout bas : « c’est assez bon pour des gens à la rue ». Nous acceptons pour eux des conditions de survie (plutôt que de vie) que nous n’accepterions pas pour nous mêmes Il faut donc tout remettre à plat. Une véritable révolution serait de passer d’une logique de l’urgence et de l’accueil en nombre à une logique de l’accompagnement individualisé Les réponses existent et elles sont nombreuses, mais celles-ci ne peuvent être développées que si l’Etat et son plus Haut Responsable décident d’en faire une priorité. Nous attendons depuis des années une politique volontariste et ambitieuse. Pour construire cette politique alternative, le Collectif Les Morts de la rue réclame l’ouverture d’un triple débat : sur les conditions d’accueil et d’hébergement, puis de logement qui permettraient à une personne venue de la rue de véritablement revivre, sur les conditions d’un accompagnement efficace prenant en compte la globalité de la personne, et enfin, au niveau de l’Etat, sur l’opportunité de créer une structure pour piloter, en collaboration avec les associations, l’ensemble de cette nouvelle politique dans ses multiples aspects (santé, logement, emploi…) Monsieur le Président, allons nous continuer à dénombrer plus d’un décès par jour, allons nous rester impuissants devant cette catastrophe ? Nos enfants nous jugeront plus tard pour non-assistance à personnes en danger. Quel est le projet de société d’une nation qui laisse vivre et mourir des personnes sur nos trottoirs. La compassion ne suffit pas. Rien ne changera si ne change pas le regard des Français sur ceux qu’ils appellent « SDF ». Mais vous savez bien que rien ne changera non plus sans une impulsion politique. Monsieur le Président, au nom de la solidarité dans notre communauté nationale, nous attendons de vous l’ouverture de ce débat pour une nouvelle politique. Vous n’êtes pas le premier à avoir promis d’éradiquer ce mal. Serez- vous le premier à promouvoir une véritable politique de sortie de la rue qui, cessant de traiter ces personnes en citoyens de seconde zone et en éternels assistés, saura leur redonner confiance en eux-mêmes, en leur rendant leur droit à la liberté, à l’égalité et à la fraternité ? Alors, dans ce combat pour la justice, ces morts que nous honorons ce soir n’auront pas été inutiles Nous vous prions d’agréer, Monsieur Le Président, l’expression de sentiments respectueux. Le Collectif les Morts de la Rue HOMMAGE AU PANTHEON. 13 mai 2009, 18h30. Visionner la vidéo sur la page média • échos. Communiqué
(27/1/2009) Après sa lettre ouverte à Christine Boutin, le Collectif publie dans Mediapart une tribune où, au vu de la situation (cf son comptage hebdomadaire des morts, dans le même journal), il interpelle les grandes associations et réclame une politique alternative aux pratiques actuelles. Récemment la ministre du logement invitait ces associations, à proposer chacune ses projets, pour dépenser immédiatement les 110 millions que le gouvernement vient d’allouer à l’amélioration de l’hébergement des sans abris (en fait pour soutenir la filière bâtiment , dans le cadre du plan de relance). Le Collectif Morts de la rue, récuse cette méthode du saupoudrage et demande aux associations moins de complaisance et plus de pugnacité pour défendre un plan plus ambitieux qu’elles ont elles-mêmes , il y a plusieurs mois déjà, proposé, après expertise, sous forme de tableau de bord, et dont s’est d’ailleurs inspiré le rapport Pinte, lui aussi resté lettre morte.
Après Martin Hirsch dans une tribune du Monde, après Nicole Guedj, dans ses Etats Généraux de la rue, Le Collectif Les Morts de la rue réclame de l’Etat une remise à plat et une vision plus transversale de la question « SDF » dans tous ses aspects. Et aux associations il demande « d’avoir le courage de remettre en cause nos pratiques d’accompagnement social » : il faut dépenser autrement l’argent trop souvent gaspillé : « Ne vaut-il pas mieux fermer des centres vétustes qui vont avoir un coût de transformation pharaonique ?(…)Va-t-on continuer à dépenser tous les soirs des sommes colossales en location de chambres d’hôtel plus ou moins salubres ? Comment mutualiser nos moyens pour éviter d’avoir une multitude de travailleurs sociaux travaillant parallèlement pour une seule personne …qu’on prétend vouloir rendre autonome ?! » Et surtout le Collectif demande que l’axe de la politique soit changé. Actuellement le 115, symbole de l’urgence et de l’hébergement de masse, est la pièce maîtresse du système. Son rôle doit à terme devenir exceptionnel. Le fer de lance de la nouvelle politique devrait être la priorité absolue donnée à la construction massive de petites structures encore trop peu nombreuses, « des lieux de vie de taille modeste avec chambres individuelles, avec des fonctionnements respectueux de la personne, pour de longues durées de séjour et, dans de très nombreux cas, un accompagnement adapté à la diversité des personnes et de leur parcours, par un personnel bien formé ».
Et le Collectif conclut : « Bousculons les préjugés et la bonne conscience charitable. Si on ne change pas, « la société continuera à faire semblant de s’occuper des gens de la rue ». Audace
et volonté (lettre ouverte aux associations). télécharger
le document en
PDF Lettre à Madame Boutin, ministre du logement et de la ville. (30 décembre 2008) Encore deux morts hier à la rue, dans la région parisienne. Cette fois, vous ne pourrez plus faire croire à des cas isolés, ni les mettre au compte du froid ou de la mauvaise volonté à se rendre dans vos refuges. Le phénomène prend trop d’ampleur médiatique. La France est malade de ses SDF. Et c’est une maladie des droits de l’Homme. Depuis des années, nous rabâchons qu’on meurt de la rue aussi bien en été qu’en hiver, comme le démontre la carte réalisée en partenariat avec Médiapart. Le froid a joué comme révélateur, mais la poignée des morts de froid n’est que la partie visible de l’iceberg. La vérité, c’est que la France laisse depuis longtemps mourir prématurément, dans le silence, des milliers des plus vulnérables, dont les morts de la rue. Nous sentons-nous, citoyens, et particulièrement vous, Madame la Ministre, qui êtes aux commandes, responsables de la situation ? Elle devient insupportable. Quelques petites mesures ne suffiront pas à arrêter l’hécatombe programmée. Nous percevons dernièrement dans vos propos l’intention de faire passer d’urgence dans la loi le droit d’emmener de force, en cas de grand froid, les personnes de la rue dans des hébergements. Et cela - ô ironie ! - ne pourrait certainement se faire que par un amendement dans le cadre de votre prochaine loi sur le logement. Pour faire passer cette mesure, dont l’annonce a indigné les toutes les associations, vous vous appuyez sur un sondage : c’est manipuler l’opinion. Vous savez bien qu’elle serait à la fois impraticable, inutile et régressive. Avez-vous déjà essayé de convaincre, en pleine nuit, un homme emmitouflé sur un trottoir de vous suivre ? Allons-nous revoir, comme au temps du délit de vagabondage, des hommes trainés par les pieds ? Ce que vous oubliez, c’est que ces personnes ne sont pas des animaux, mais des êtres humains, égaux aux autres, principe même de notre constitution. Ce que vous oubliez, c’est qu’à la rue, on meurt beaucoup moins de froid que de l’absence de lien social. Ce que vous négligez, c’est que ces personnes se sont créé tant bien que mal un environnement matériel et humain qui leur est indispensable pour survivre. Les en priver, c’est les mettre en danger de mort. Dès lors, il ne s’agit pas de mettre en œuvre une fois de plus une politique d’urgence destinée à satisfaire une opinion mal informée et manipulée, en enfermant des personnes dans un gymnase ou un préau d’où on les éjectera au petit matin. (L’état se met d’ailleurs hors la loi en remettant ces personnes à la rue, article 4 de la loi DALO “Tout personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée”) Il s’agit d‘entreprendre enfin la politique à long terme dont les principes sont bien connus de ceux et celles qui œuvrent depuis des années en contact avec les personnes de la rue, et dont vous connaissez depuis longtemps les propositions. Elle repose sur trois bases :
Prenez les moyens d’un plan ambitieux. Nous appelons à une politique de la grande pauvreté qui aura un coût, mais dont la France des Droits de l’Homme est capable…Il faut savoir reconnaître que la question des SDF est complexe et demande plus que des mesures simplistes, que, malgré les progrès accomplis, après des années de négligence, la chaîne du logement est complètement bloquée, que trop d’hébergements d’urgence enfoncent les usagers dans une survie où ils s’enlisent, que, sauf exceptions, les personnes placées depuis deux ans dans des établissements dits de stabilisation ne sont toujours pas réinsérées, et que l’accompagnement n’est souvent pas satisfaisant. Il faut résolument changer de méthode et dépenser autrement beaucoup d’argent actuellement gaspillé. Bref, il faut tout remettre à plat. Nous voulons espérer, Madame la Ministre, que vous aurez ce courage. Collectif les Morts de la rue Lettre à Madame Boutin, ministre du logement et de la ville. version PDF Appel à dons Bonjour à toutes et tous, Cette lettre est un SOS qui arrive bien mal chez vous en cette période de dons où toutes les demandes revêtent ce caractère d’urgence. Nous sommes dans un déficit alarmant et pourtant, il suffit de lire la presse pour saisir notre rôle dans le débat sur la rue. Depuis le début de l’année, nous avons recensé plus de 270 décès de personnes qui vivaient à la rue. Ces noms sont recueillis un par un, auprès des familles, des associations, des voisins, des institutions. Aucune étude n’existe au niveau national et institutionnel et en recueillant ces noms et les publiant, nous remplissons une mission spécifique. Non seulement rendre hommage, mais pointer du doigt ce qui dysfonctionne et ce qui reste à faire en matière d’accueil.
Les hommages publics sont également essentiels pour mettre en valeur la dignité de chacun. Nous sommes en difficulté financière. En effet, notre action bien que reconnue comme essentielle est difficilement finançable. Comment
pouvons-nous poursuivre et développer nos actions ?
En faisant appel encore à votre contribution financière et à celle de vos réseaux. C’est nécessaire si vous désirez que cette action se poursuive. Nous n’y arriverons pas sans vous. Notre liberté d’agir et de parole vient en grande part de l’indépendance de nos financements. Merci de votre soutien. Bonnes fêtes de fin d’année. Appel à nos
gouvernants et élus (du 26
novembre 2008) Appel à nos gouvernants et élus (du 26 novembre 2008) version PDF Télécharger la lettre semestrielle (mai 2008) du Collectif. Télécharger le bulletin d'adhésion au Collectif. |